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Vendenheim - Mémoires et SouvenirsLe contenu de cette page est basé sur l'ouvrage "Vendenheim - Mémoires et Souvenirs" aux Editions Carré Blanc, disponible en mairie au prix de 37€

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Patrimoine archéologique

Une nécropole à Vendenheim

Fouilles Entre le 22 février et le 28 mai 1999, le lieu-dit “Schiessaecker” a été le théâtre d’une importante fouille archéologique destinée à sauver les restes d’une nécropole préhistorique avant les travaux d’aménagement du futur lotissement “Le Haut du Coteau”.

Le site a livré 111 sépultures. Si l’on fait abstraction d’une petite série de tombes symboliques (sépultures dépourvues de corps), c’est une centaine d’individus qui a été inhumée là vers 5000 avant notre ère. A cette époque, la plaine du Rhin supérieur est occupée par des communautés qui appartiennent à la première grande culture d’agriculteurs de l’Europe moyenne, appelée “Rubané” à cause des décors caractéristiques à base de rubans qui ornent les poteries décorées.

Venus des régions du moyen Danube, ces groupes ont introduit dans nos régions la culture (blé, orge, lentille, pois) et l’élevage (porc, boeuf, chèvre, mouton) et construit les premiers villages sédentaires. Ils sont les premiers défricheurs de l’immense forêt vierge qui occupait la plaine d’Alsace à l’époque. Entre 5300 et 4900, ils ont peu à peu colonisé les terrains loessiques, considérés aujourd’hui encore comme les plus fertiles dont nous disposons. L’Alsace a livré environ 130 sites rubanés, dont une dizaine de nécropoles. Pour la Basse-Alsace, on mentionnera les cimetières de Souffelweyersheim, Quatzenheim, Mundolsheim, Lingolsheim et Entzheim. Mais aucun de ces sites ne dépasse la cinquantaine de tombes, ce qui souligne la valeur de la découverte réalisée à Vendenheim. Avec 111 tombes, le cimetière de Vendenheim est d’ailleurs, tout simplement, le plus grand ensemble funéraire connu pour le néolithique ancien sur le territoire français. Actuellement en cours d’étude, le site livre peu à peu ses secrets. Les premiers résultats de ces investigations peuvent être résumés ainsi. Dans la nécropole de Vendenheim, on voit cohabiter des individus enterrés sur le côté en position accroupie (en “chien de fusil”) et d’autres qui sont allongés sur le dos. Les mobiliers funéraires se composent de céramiques, d’outils en pierre (principalement des lames d’herminette - l’outil à travailler le bois de l’époque – et des pointes de flèches en silex) ou en os (poinçons) et de “briquets” (kits à feu comprenant un percuteur en silex et un nodule de pyrite). On note aussi la présence de “dépôts alimentaires”, cuissots de moutons ou de cochons destinés probablement à l’approvisionnement du défunt lors de son voyage vers l’au-delà. Parmi les biens “non utilitaires”, on note la présence de fragments de colorant (ocre rouge), d’un collier de coquillages perforés, de grandes lames de silex importées en pierre. Ces deux dernières catégories peuvent être considérées comme des “symboles de statut”, réservés à des personnages de haut rang. Elles nous signalent l’existence, dès les débuts du néolithique, d’inégalités sociales assez marquées. Le cimetière nous renseigne aussi, indirectement, sur la présence d’un village sans doute assez étendu qui devait se trouver dans les environs. Sans doute la perspective de nouvelles et passionnantes découvertes pour les années à venir !